Le thermomètre plonge à Nenana, Alaska, pour le plus grand bonheur du musher de Savièse, Pierre-Antoine Héritier, qui s’y prépare pour la Yukon Quest. « De moins 24 en début de semaine, on est passé ces jours à un moins 36 persistant« , explique-t-il. « Chaque matin, on gagne – ou perd des degrés, selon son propre objectif-chaleur: nous, le froid nous intéresse, on gagne donc des degrés… »
Des conditions quasi idéales pour entraîner ses chiens, même si les athlètes râlent parfois un peu devant la multiplication des séances. Parfois, les huskies sont en pleine récupération lorsque leu patron les fait repartir. « C’est dur de leur demander ça, mais c’est nécessaire pour les habituer à la course. Finalement, ils le font assez facilement. Ils râlent un peu pour la forme les deux premiers kilomètres, se demandent si c’est un gag, cette nouvelle sortie, mais dès qu’ils sont chauds ou qu’ils sentent le premier « moose » (élan), l’appel de la forêt prend le dessus et c’est reparti. »
Cette température de moins 36, Pierre-Antoine la connaît déjà. « Mais quatre jours de suite à moins 35, c’est nouveau, et instructif: ça permet de voir ce qu’on peut ou ne peut pas faire, comment rester facilement au chaud en bougeant. Sur le traîneau, ça se complique: on se déplace assez vite et il y a un petit effet vent qui transforme le moins 35 ambiant en moins 42, peut-être moins encore. » Et même s’il connaît, « le froid, c’est le plus difficile à gérer pour le moment. Je teste différents masques faciaux plus ou moins efficaces. Je pense avoir déjà ce qu’il me faut : une cagoule à 19 dollars, trouvée au rayon pêche d’un supermarché de Fairbanks. Il y a peut-être mieux, mais celle-là est efficace. J’en ai testé d’autres, mais le problème, c’est que tout givre à cause de l’air expiré : après 3 heures, on se retrouve comme dans un igloo… En fait, quand il fait vraiment trop froid, la meilleure solution, c’est de se tourner pour éviter le vent de face… et ça va. »
Du côté des chiens, « le froid ne pose pas de problème pour le moment. Si ça persiste, il faudra cependant augmenter le volume de nourriture pour compenser la déperdition calorifique. Pour le moment, ils seraient plutôt en train de prendre du poids vu les quantités qu’ils engloutissent… » Pour le reste, le musher valaisan se réjouit de croiser énormément d’élans sur son parcours d’entraînement: « Un matin, on en a croisé 5. C’est notre record. Les gens d’ici disent qu’ils ne sont pas dangereux. A voir. Cet après-midi, j’ai pu en photographier un à 1,50m de la piste. C’est Nenana Safari tous les jours! » JF/c
A l’entraînement à Whitehorse
Les commentaires sont fermés